ET SI LE TEMPS DES FEMMES ÉTAIT VENU ?

Publié le par Jean-François Saunoi

SR-M-Aubry-Poitiers.jpgLes primaires citoyennes ont donné lieu a un débat à l'américaine fort intéressant suivi par cinq millions de téléspectateurs. Ceci prouve, si besoin était, l'intérêt porté par les français pour la chose politique accentué d’une réelle perspective d'alternance au sarkozysme.

Sur les six contradicteurs, nous avons pu voir une nette scission se dessiner entre la tendance conservatrice gestionnaire réaliste en vogue sous l'ère jospinienne : Hollande (qui l'a revendiqué), Valls et Baylet, d'une part, les partisans du changement, des solutions radicales, justes et efficaces décidés à en découdre avec les banques : Royal et Montebourg rejoints par une Martine Aubry qui a  encore beaucoup à se faire pardonner, d'autre part.

Une autre catégorisation est aussi apparue à la faveur du débat en trois groupes plus "sociologiques" : les barbons de la politique : Hollande et Baylet, les petits jeunes : Valls et Montebourg (orateur très prometteur) et, last but not the least, les femmes : Royal et Aubry.

La première a survolé les débats d’un calme olympien qui a surpris les observateurs toujours prompts à la cantonner au rôle d'idiote du village, ce que ses petits camarades de 2007 n'étaient d’ailleurs pas les derniers à  promouvoir. Forte de cette expérience, Ségolène Royal a arbitré les sujets de controverse en se situant au niveau de l’élection présidentielle avec l’attitude d’une femme d’État. Ce ne sont pas les jeux de mots foireux d'un Hollande surexcité sur la luminosité des propos de ses challengers qui auraient pu changer quoi que ce soit à l'affaire. Avec un débit verbal accéléré rendant son discours peu clair, il a semblé peu maître de lui-même, manquant sérieusement de sang-froid, la raison pour laquelle, sans doute, il ne s'est jamais vu confié le moindre maroquin ministériel.

La seconde, en bonne ouvrière des terroirs nordiques, a d'ailleurs remis celui-ci à sa place à plusieurs reprises, maîtrisant ses dossiers avec la vigueur et la rigueur qu'on lui connaît mêlées de la trempe d'une ministre dÉtat qu'elle a déjà été. Certes, elle n'a pas toujours été exempte de  compromissions politiciennes plus proches des pratiques douteuses des apparatchiks que de la morale politique qu'elle reprend aujourd'hui à son compte au même titre qu'une multitude de propositions de Ségolène Royal dont un bon nombre ont également été incluses dans le projet socialiste approuvé par plus de 95% des militants de ce parti.

Dès lors, puisqu'américanisation du show il y eut, pourquoi ne pas rêver d'un "ticket" entre les deux femmes : Ségolène Royal la visionnaire, la force citoyenne proche du peuple et une Martine Aubry ralliée à ce noble objectif ? Voilà qui paraîtrait beaucoup plus logique qu'un rapprochement à l'eau de rose pour midinettes entre les deux protagonistes de l'ex-couple Royal/Hollande que voudraient nous faire gober les pseudo éditocrates faiseurs d'opinion à la solde de la finance internationale.

Personnellement, si je n'ai aucune estime ni pour François Hollande, l'homme  qui agit dans l'ombre, ni pour Manuel Valls le serveur de café de Jospin, en tant que purs produits de la dérive néo-libérale des socialistes durant les années 90, je déplorerais que Martine Aubry qui est une technicienne valeureuse à défaut d'être une pointure en politique, d'où ses recours répétés à des coups tordus, se retrouve complètement écrabouillée dans cette compétition.

 

Sous la direction de Ségolène Royal soucieuse d'un véritable rassemblement, les deux femmes pourraient changer la face de notre pays. Et quand la France change de visage, c'est le monde qui s'embellit. Il leur suffirait alors de pousser la logique jusqu'au bout. D'ailleurs, à bien les écouter, il ne faut pas être grand clerc pour constater à quel point les solutions qu'elles préconisent pour sortir des crises que nous traversons, sont concrètes et touchent réellement la vie quotidienne des gens "normaux" que nous sommes.

Par conséquent, dans un geste magnanime de résilience salutaire, je ne vois pas d’alternative pour Martine Aubry que de signer le CONTRAT avec la NATION de Ségolène Royal et pour vous, mes amis, de voter pour cette dernière le 9 octobre prochain en vue de  battre le sortant à la présidentielle de 2012.

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